Les bacilles du genre Campylobacter sont microaérophiles et Gram -. Leur forme en bâtonnets incurvés en virgule ou en S ainsi que leur mobilité grâce à un cil polaire les avaient fait classer dans le genre Vibrio.
Trois espèces de Campylobacter ont un pouvoir pathogène pour l'homme : C. fetus, C. jejuni/coli et C. pylori (voir plus loin).
La culture des Campylobacter au laboratoire est délicate. Pour les isoler d'une flore polymicrobienne (selles), il faut utiliser des milieux sélectifs contenant de nombreux antibiotiques et les incuber dans l'atmosphère pauvre en oxygène qui convient à ces germes microaérophiles.
L'origine des infections à Campylobacter n'est pas bien connue. Certains animaux (chiens, volailles,...) seraient responsables de la contamination. Dans d'autres cas, le lait et l'eau ont été incriminés. Il existe chez l'homme des porteurs sains.
Campylobacter jejuni/coli a un pouvoir entéropathogène important. Il est responsable d'entérites avec une fréquence au moins égale à celle des Salmonella. Tous les âges sont concernés, mais la maladie est plus fréquente chez les enfants vivant dans des conditions d'hygiène défectueuse. La maladie est rarement grave et guérit spontanément en quelques jours.
Les formes septicémiques de campylobactériose sont dues à Campylobacter fetus. Elles touchent surtout des sujets affaiblis ou des terrains particuliers : cirrhotiques, diabètiques, cardiaques, femmes enceintes...
L'ERYTHROMYCINE est l'antibiotique de choix pour traiter les campylobactérioses digestives. Les Campylobacter disparaissent des selles en quelques jours (contre quelques semaines pour les sujets non traités).
Parmi les autres antibiotiques, les TETRACYCLINES, les AMINOSIDES, le CHLORAMPHENICOL et l'AMPICILLINE ont souvent une bonne activité.
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Il se distingue des autres Campylobacter par trois particularités morphologiques : sa taille est plus grande (3 à 5 µm x 0,5 µm), sa ciliature peut être lophotriche et sa forme est en corne de boeuf ou en U.
Comme pour les autres Campylobacter, sa croissance se fait en microaérophilie. En atmosphère humide et à 37°C, des colonies apparaissent en 3-4 jours sur les milieux solides suivants : gélose chocolat, TSA, Mueller-Hinton et Brucella-Agar. La croissance est difficile ou nulle à 30°C, 40°C et en bouillon. Il possède une uréase très active, qui peut être mise en évidence à partir des produits pathologiques (biopsie de la muqueuse gastrique). La présence de la bactérie dans l'estomac peut également être recherchée par une méthode non invasive, un test respiratoire à l'urée marquée. Ce test, acheté en pharmacie par le patient (Helicobacter test Infai, Laboratoires Janssen-Cilag, AMM 1998), est effectué dans un laboratoire d'analyses médicales selon le protocole suivant : insufflation à jeun d'air dans un tube, puis ingestion d'une briquette de jus d'orange (qui retarde la vidange gastrique) et de 75 mg d'urée marquée au 13C (isotope stable non radioactif) puis insufflation après 30 mn dans un autre tube. Une différence élevée du taux de 13CO2 entre les 2 tubes, mesuré par spectrométrie de masse, signe la présence d'Helicobacter pylori car ce germe transforme, grâce à son uréase, l'urée en gaz carbonique et en ammoniac. Inoffensif, sensible et spécifique, ce test est actuellement considéré comme le meilleur moyen de suivi après traitement pour contrôler l'éradication du germe.
Les mécanismes du pouvoir pathogène de Helicobacter pylori sont encore peu connus.
Helicobacter pylori s'est sélectionné une niche écologique, la muqueuse gastrique, où il n'y a pas de concurrence bactérienne. Sa morphologie spiralée et sa grande mobilité lui donnent un avantage dans l'environnement visqueux du mucus digestif.
Helicobacter pylori est mis en cause dans la genèse des gastrites, des ulcères et du cancer de l'estomac.
Helicobacter pylori est sensible à la PENICILLINE, l'AMPICILLINE, la GENTAMYCINE.
Il est peu sensible au METRONIDAZOLE et résistant à l'ACIDE NALIDIXIQUE et au COTRIMOXAZOLE.
Le traitement actuellement préconisé en France pour éradiquer Helicobacter pylori est une trithérapie associant l'amoxicilline (2 x 1000 mg/j) et la clarythromycine (2 x 500 mg/j) à un inhibiteur de la pompe à protons (oméprazole 2 x 20 mg/j) pendant 14 jours.