Francisella tularensis

Francisella tularensis, responsable de la tularémie, est une bactérie isolée en 1911 par Mac Coy et Chapin dans le comté de Tulare en Californie. En 1919, Francis décrit, aux USA, les premiers cas humains de tularémie. La maladie existe dans de nombreux pays de l'hémisphère nord exclusivement et a été reconnue en France en 1945 en Lorraine mais actuellement persiste en Alsace, en Touraine, dans la Vienne et dans le Périgord.

BACTERIOLOGIE

Francisella tularensis (F. t) est un tout petit coccobacille à Gram négatif (0,5 à 0,7 m m), à la limite de la visibilité au microscope optique, immobile, non sporulé apparaissant parfois entouré d'une fine capsule.

Il est aérobie strict.

La culture est lente et difficile et exige des milieux complexes comprenant du jaune d'oeuf, de la cystéine, du sang et du glucose. Le plus classique est le milieu de Francis.

La bactérie est tuée à la température de 45C mais résiste au froid et à la congélation.

Il existe deux biovars A (ou tularensis) exclusivement rencontré en Amérique du Nord et B (ou palaearctica) moins virulent qui sévit en Europe, en Asie et en Amérique.

POUVOIR PATHOGENE

La tularémie est une maladie animale, occasionnellement transmissible à l'homme.

Epidémiologie

Elle frappe les léporidés (lièvres, lapins) et les petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols). Les gros gibiers (chevreuils, sangliers) peuvent aussi être atteints. Les animaux domestiques (chiens, chats) sont des porteurs sains potentiels. La contamination entre animaux est assurée par les tiques, les insectes piqueurs et par le cannibalisme.

L'infection humaine est accidentelle, transmise essentiellement par manipulation d'un animal malade ou mort ; la bactérie peut en effet traverser la peau saine et a fortiori la peau lésée. C'est donc une maladie frappant les chasseurs, les forestiers et les cultivateurs ainsi que leur famille (la cuisinière qui dépèce les lièvres...). Elle sévit donc durant la saison de la chasse mais persiste en été ; cette situation paradoxale est peut-être explicable par un braconnage difficilement avoué ou par la manipulation de morceaux de gibier sortis du congélateur car la bactérie résiste au froid.

Piqûres de tiques (aux Etats Unis surtout) ou d'insectes hématophages sont des modes contamination humaine possibles.

D'autres voies de transmission ont été signalées : voies respiratoires supérieures, oropharynx, conjonctives expliquant la variété des expressions cliniques de la maladie.

Manifestations cliniques

La forme ulcéro-ganglionnaire est la plus fréquente. Elle associe des lésions cutanées, érythémateuses ou vésiculeuses, un syndrome pseudogrippal et une adénopathie satellite ne régressant pas et se fistulisant. Les localisations sont brachiale, sous maxillaire, prétragienne.

La maladie peut se manifester sous une forme fébrile pure (ou "typhoïde"), pulmonaire ou méningée.

Pathogénie

La bactérie traverse la peau ou les muqueuses et diffuse par voie lymphatique jusqu'aux ganglions voisins où il forme des micro-abcès purulents qui s'autostérilisent.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

La mise en évidence du germe est difficile; les prélèvements, même mis en culture dans de bonnes conditions, restent souvent stériles. Quand on obtient une culture, on peut identifier la souche par agglutination sur lame à l'aide d'un antisérum spécifique ou par inoculation (par friction percutanée) à l'animal.

Dans la majorité des cas, le diagnostic biologique est assuré par séroagglutination d'un antigène fait d'une suspension bactérienne formolée. La réaction est parfois faussement négative à cause d'un phénomène de zone. Par ailleurs on note des communautés antigéniques entre F. t, Brucella et Yersinia enterocolitica O:3 donnant des résultats faussement positifs.

L'intradermo-réaction à la tularine est un bon moyen de diagnostic mais il est difficile de se procurer l'antigène.

SENSIBILITE AUX ANTIBIOTIQUES

Aminosides, cyclines, chloramphénicol, quinolones fluorées sont actifs in vitro. Au traitement antibiotique, il faut toutefois souvent adjoindre des ponctions répétées ou une excision du ganglion.

A noter qu'il est dangereux de manipuler une souche de Francisella tularensis : masque et gants sont de rigueur au laboratoire.

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