AEROMONAS et PLESIOMONAS

Après avoir longtemps été reliés à la famille des Vibrionaceae du fait de leurs caractères phénotypiques, les genres Aeromonas et Plesiomonas sont actuellement classés respectivement dans la famille des Aeromonadaceae et des Enterobacteriaceae sur la foi d'études génotypiques. Compte-tenu de leurs particularités phénotypiques (bacilles à Gram négatif fermentatifs oxydase +), ils font l'objet d'un chapitre à part.

AEROMONAS

HABITAT

.Eaux stagnantes, eaux douces, eaux de mer recevant un apport d'eau douce, eaux d'égouts.

.Sol, aliments contaminés : huitres, moules, coquillages, viandes (boeuf, porc, poulet), légumes.

POUVOIR PATHOGENE

Surtout chez les amphibiens, reptiles et poissons.

Chez l'homme :

FACTEURS DE PATHOGENICITE

Production d'endotoxine, d'entérotoxines, d'hémolysines, de cytotoxines et de protéases.

Capacité d'adhérer aux cellules.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

.Aeromonas est surout retrouvé dans les pus de surinfection de plaies, les hémocultures et les selles mais peut être éventuellement recherché dans d'autres produits pathologiques..

.L'examen microscopique montre à l'état frais des bacilles mobiles, après coloration des bacilles Gram négatif courts, trapus et isolés, sans capsule ni spore.

.La culture est facile : les souches rencontrées en clinique se développent sur les milieux d'isolement habituels, à 30°C comme à 37°C. Sur gélose nutritive, les colonies sont rondes, bombées, lisses, régulières, opaques, d'aspect similaire à celui des entérobactéries. Sur bouillon nutritif, la culture est abondante en 24 heures et le trouble homogène.

.Les colonies suspectes sont testées pour leur capacité à élaborer une oxydase (+ pour Aeromonas, - pour les entérobactéries).

.L'étude des autres caractères biochimiques (esculine, gaz en glucose, VP, ...) permet ensuite d'identifier l'une des trois principales espèces d'Aeromonas (A. hydrophila, A. caviae, A. sobria).

ANTIBIOGRAMME

.La résistance à la pénicilline est de règle et un plasmide de résistance à 8 antibiotiques (ampicilline, kanamycine, streptomycine, spectinomycine, sulfisoxazole, ticarcilline, tobramycine, triméthoprime) a été mis en évidence.

.Les souches sont cependant en général sensibles aux aminosides, au chloramphénicol, à la tétracycline, à l'acide nalidixique, au sulfaméthoxazole-triméthoprime, à la rifampicine et aux C3G.

PLESIOMONAS

HABITAT

P. shigelloides, l'unique espèce du genre, se rencontre dans les eaux douces, d'où on l'isole cependant moins souvent qu'Aeromonas. Elle est présente dans l'intestin de nombreux poissons, batraciens et autres animaux à sang froid ainsi que dans celui d'animaux sauvages et domestiques (singe, chien, chat, chèvre, bovin, porc, mouton, volailles, vautours. Bien que cette bactérie ne semble pas pouvoir survivre plus de 24 heures dans l'eau salée, on la rencontre chez les animaux marins (poissons, crustacés, coquillages et surtout huitres).

POUVOIR PATHOGENE

La pathogénicité de P. shigelloides se manifeste sous 3 aspects principaux :

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

.On peut retrouver P. shigelloides dans les selles, les hémocultures, le liquide céphalo-rachidien, exceptionnellement dans d'autres types de prélèvements.

.L'examen microscopique direct montre des bacilles mobiles et, après coloration, des bacilles Gram négatif, rectilignes, aux extrémités arrondies, sans capsule ni spore.

.La culture est facile à 30°C comme à 37°C sur les milieux nutritifs habituels.

.Les colonies suspectes sont testées pour leur capacité à élaborer une oxydase et, en cas de positivité, les tests biochimiques sont poursuivis pour affirmer le diagnostic (bactérie AAf, fermentant le glucose sans gaz, possédant une arginine dihydrolase, une lysine décarboxylase et une ornithine décarboxylase, fermentant l'inositol, indole +...)

.Sérotypage : théoriquement possible (50 antigènes O et 17 antigènes H déterminent 107 sérovars)

ANTIBIOGRAMME

.Résistance habituelle à la pénicilline G, à l'ampicilline et à la carbénicilline (production d'une beta-lactamase) et à l'érythromycine.

.Sensibilité habituelle au chloramphénicol, aux tétracyclines, au sulfaméthoxazole-triméthoprime, aux nitrofuranes, à l'acide nalidixique, aux nouvelles quinolones, aux polymyxines, à la céfalotine, aux C2G et C3G, à l'imipenem et à l'aztreonam.

.L'activité des aminosides est irrégulière.

Retour