ADÉNOVIRUS

Les adénovirus ont été mis en évidence en 1953 par Rowe à partir de fragments d'amygdale. Après culture, les tissus dégénéraient en 2 à 3 semaines avec des anomalies morphologiques dans les cellules. D'abord dénommés virus APC (adéno-pharyngo-conjonctival), ils sont maintenant désignés sous le nom d'adénovirus. On distingue parmi eux des souches aviaires et des souches humaines (les mastadénovirus) dont il existe au moins 42 sérotypes.

Virus

Les adénovirus dont des virus de 80 nanomètres, non enveloppés, à ADN et à capside icosaédrique.

La capside comporte 252 capsomères : 12 pentons aux sommets de l'icosaèdre et 240 hexons situés sur les arêtes et les faces. Chaque penton porte une spicule glycoprotéique, appelée fibre, terminée par une sphère de 4 nm de diamètre qui possède une activité hémagglutinante.

Le génome est un ADN bicaténaire qui est enchâssé dans la capside associé à des protéines : l'ensemble est appelé nucléoïde.

Il n'y a pas d'enveloppe et de ce fait les adénovirus résistent aux solvants lipidiques ainsi qu'aux variations de pH ou de température.

Caractères antigéniques
Il existe 3 systèmes antigéniques :

les déterminants antigéniques de groupe sont disposés sur es hexons et sur les pentons, orientés vers l'intérieur de la capside,
les déterminants antigéniques de type sont disposés sur les hexons et sur l'extrémité distale de la fibre.
les déterminants antigéniques de sous-groupe sont disposés sur la partie proximale de la fibre, à l'insertion sur le penton. La distinction entre les sous-groupes est fondée sur l'origine animale des hématies agglutinées (singe ou rat) et sur le degré de l'hémagglutination obtenue. (tableau)

Les anticorps produits sont des anticorps neutralisants et des anticorps inhibant l'hémagglutination.
 

Sous groupes
aggl. des hématies de singe
aggl. des hématies de rat
I
0
II
0
III
0
incomplète
IV
0
0
Culture

Les adénovirus humains ne se multiplient que sur des cultures de cellules humaines. l'effet cytopathogène se manifeste par une rétraction des cellules donnant à la nappe cellulaire un aspect en dentelle. Il se forme dans le noyau une inclusion intranucléaire entourée de cristaux de protéines formant une image en "fleur de marguerite".

Multiplication

Les virus se fixent à la surface de la cellule hôte grâce à leur hémagglutinine et pénètrent dans le cytoplasme en traversant la membrane. Il se fixe sur le cyto-squelette et se rend vers le noyau. La capside se désintègre libérant l'ADN qui pénètre dans le noyau.
Une première transcription d'une partie du génome produit des ARN messagers qui sont traduits par les ribosomes en protéines précoces qui sont utiles à la synthèse de l'ADN viral.
La réplication de l'ADN du virus peut alors commencer grâce à l'action d'une ADN polymérase cellulaire et des protéines précoces "E" pour "early". La réplication est semi-conservatrice, c'est à dire que chaque ADN nouveau est constitué d'un brin parental associé à un brin nouvellement synthétisé.
Les ADN viraux ainsi produits servent de matrice pour la transcription d'ARN messagers qui sont traduits par les ribosomes en protéines de structure qui repassent dans le noyau où a lieu l'assemblage pour former de nouvelles particules virales.
Les virus sont libérés par lyse de la cellule.

Pouvoir pathogène

Les adénovirus ont un tropisme pour l'appareil respiratoire, l'il et le tube digestif. Ce sont des virus résistants et les infections qu'ils provoquent peuvent survenir sur un mode épidémique.

Diagnostic biologique

Les méthodes directes ont recours aux isolements sur cultures cellulaires avec identification des sous-groupes de Rosen ou typage par séroneutralisation. Des méthodes plus rapides sont plus utilisées : microscopie électronique, immunofluorescence sur les cellules suspectes d'infection, agglutination de particules de latex sensibilisées dans les infections digestives, immunoenzymologie.

La recherche des anticorps spécifiques est possible par réaction de fixation du complément utilisant l'antigène de groupe ou technique ELISA. Il est indispensable de tester deux sérums prélevés à 15 jours d'intervalle pour pouvoir constater une ascension de la concentration des anticorps qui est seule significative. La recherche des anticorps de classe IgM est également possible.

Il n'y a pas de traitement antiviral spécifique des infections à adénovirus.
 
 

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