LES ANTIVIRAUX
La thérapeutique antivirale progresse avec lenteur car elle s'attaque à des micro-organismes ne se multipliant qu'à l'intérieur des cellules vivantes dont ils détournent le métabolisme à leur profit.
La chimiothérapie antivirale se heurte donc à plusieurs obstacles :
- Fixation, pénétration, décapsidation
La seule thérapeutique actuellement utilisée à cette étape est la rimantadine, qui s'oppose à la décapsidation du virus Influenza A : en augmentant le pH de la vacuole d'endocytose, elle empêche la fusion de l'enveloppe virale avec la membrane cellulaire.
On a découvert depuis peu les
récepteurs cellulaires de plusieurs virus : la molécule CD4
pour les VIH, la molécule CD21 (ou CR2 - récepteur de C3b)
pour le VEB, la molécule ICAM-1 (intercellular adhesion molecule)
pour les rhinovirus. On peut espérer trouver des
molécules qui bloquent spécifiquement
les interactions entre ligand viral et récepteur cellulaire.
- Synthèse des ARN messagers (ARNm)
Certains virus codent leur propre ARN polymérase, d'autres codent les enzymes nécessaires à la création de la "coiffe" en 5'. Bien qu'analogues aux enzymes cellulaires dans leurs fonctions, ces protéines virales peuvent constituer des cibles pour une thérapeutique antivirale.
- Traduction des ARN messagers
La traduction des ARN messagers viraux diffère de celle des ARN messagers cellulaires. En effet, alors que la traduction des ARNm cellulaires s'arrête, celle des ARNm viraux est florissante. Quel est le mécanisme, sans doute d'origine virale, qui permet une reconnaissance spécifique des ARN messagers viraux par la cellule ? Sa connaissance pourrait déboucher sur une thérapeutique.
- Réplication de l'acide nucléique viral
La plupart des antiviraux actuels agissent sur la réplication proprement dite. La réplication du génome utilise parfois des enzymes d'origine virale qu'on ne trouve donc qu'à l'intérieur des cellules infectées. C'est le cas de tous les virus à ARN, en particulier le VIH qui utilise une transcriptase. C'est aussi le cas des "gros" virus à ADN : les herpesvirus ainsi que les adenovirus.
- Intégration du génome viral dans le génome cellulaire
Certains virus insèrent leur génome dans celui de la cellule-hôte. Cette insertion peut constituer une étape obligatoire de leur cycle de multiplication, comme dans le cas des rétrovirus. Elle peut être nécessaire à la transformation de la cellule dans le cas des papillomavirus, des herpesvirus ou du virus de l'hépatite B. Certains virus utilisent des enzymes de la cellule-hôte mais d'autres, les rétrovirus en particulier, codent une intégrase qui peut constituer une cible pour une thérapeutique antivirale.
- Morphogénèse virale
De nombreuses protéines virales
sont synthétisées sous la forme de précurseurs géants
qui sont ensuite découpés en protéines de structure
ou en enzymes par une protéase virale. Les inhibiteurs des protéases
virales empêchent l'assemblage et la maturation des virions et la
cellule infectée ne produit plus que des virions défectifs.
CIBLES ET MOLÉCULES
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| Fixation / Décapsidation | Récepteurs cellulaires | Analogues de récepteurs viraux | |
| Transcription du génome viral | Transcriptase virale | Inhibiteurs de la transcriptase
oligonucléotides antisens |
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| Régulation de la transcription | Protéines de régulation | Inhibiteurs de la protéine Tat (VIH) |
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| Montage des ARN transcrits | cibles variées | Ribavirine |
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| Traduction des ARNm | ARN-m | Interférons
oligonucléotides antisens |
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| Réplication de l'ADN | ADN polymérase virale | Acyclovir (Zoviraxâ) |
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| Réplication de l'ARN | ARN-polymérase virale | Inhibiteurs de la ARN-polymérase | |
| Transcription réverse | Transcriptase réverse (RT) | Zidovudine (Rétrovirâ) |
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| Fragmentation des polyprotéines | Protéase virale | Inhibiteurs des protéases | |
| Assemblage des virions | Protéines de matrice | Inhibiteurs des protéases |
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INHIBITEURS DE L'ADN-POLYMÉRASE VIRALE
Les inhibiteurs des ADN polymérases virales constituent à l'heure actuelle la famille d'agents antiviraux la plus importante.
La majorité des virus à ADN - exception faite des papovavirus et des parvovirus - et les rétrovirus ont des ADN polymérases propres, distinctes des ADN polymérases cellulaires.
Ces enzymes assurent la synthèse de l'ADN à partir d'une matrice d'ADN (ou d'ARN pour les rétrovirus). Les substrats de ces enzymes sont les désoxynucléotides-triphosphates (nucléotides des quatre bases : Adénine = dATP ; Thymine = dTTP ; Cytosine = dCTP et Guanine = dGTP). La chaîne d'ADN en cours de synthèse s'allonge par l'addition de déoxynucléotides-monophosphates unis entre eux par des liaisons phosphodiesters. L'énergie nécessaire à la création de la liaison provient de l'hydrolyse du nucléotide triphosphate et la formation d'un résidu pyrophosphate :
1° - LES ANALOGUES ACTIFS SUR LES VIRUS A ADN
La plupart des antiviraux utilisés actuellement sont des analogues de nucléosides. La majorité d'entre eux sont exclusivement actifs sur les virus appartenant à la famille des Herpesviridae.
Les analogues utilisés présentent le plus souvent des modifications du sucre lié à la base, le désoxyribose :
Les analogues de nucléosides pénètrent dans la cellule où il sont triphosphorylés par des kinases. Il s'agit donc de "prodrogues" puisqu'ils sont préalablement transformés en principe actif dans la cellule.
- disparition de la structure cyclique pour l'acyclovir et le gancyclovir,
- adjonction d'un radical azoté (azide) pour la zidovudine,
- disparition d'un radical hydroxyle dans le cas de la didéoxyinosine (ddI) et de la didéoxycytidine (ddC)
Après leur triphosphorylation, ces analogues entrent en compétition avec les substrats naturels pour le site actif de l'ADN-polymérase. Les inhibiteurs ont une faible affinité pour les ADN polymérases cellulaires et une forte affinité pour les ADN-polymérases virales entraînant le blocage du site actif. Si l'enzyme parvient à incorporer l'analogue à la chaîne d'ADN en cours de synthèse, celui-ci en bloque l'élongation car il n'a pas la structure chimique capable d'établir une liaison phosphodiester avec le nucléotide suivant.
L'affinité particulière des analogues pour les ADN polymérases virales n'est pas encore expliquée. Les ADN-polymérases cellulaires ou virales étant fonctionnellement très proches, la sélectivité des analogues provient d'un choix très rigoureux parmi un nombre considérable de molécules synthétisées.
La sélectivité des analogues a le plus souvent comme conséquence un spectre d'activité assez étroit : chaque molécule n'est active que sur un virus ou un groupe de virus apparentés.
La sélectivité n'est d'ailleurs pas absolue et la toxicité vis-à-vis des cellules s'exprime par des effets secondaires très fréquents lors des chimiothérapies antivirales. Cette toxicité rapproche la thérapeutique antivirale de la chimiothérapie anticancéreuse.
Les premiers analogues de nucléosides utilisés tels que l'adénine-arabinoside (Vidarabine) se sont révélés très toxiques. N'étant pas sélectifs ils inhibent aussi bien l'ADN polymérase virale que l'ADN polymérase cellulaire.
Aciclovir (Zovirax â )
Il s'agit d'un analogue du guanosine dont le désoxyribose est remplacé par une chaîne latérale acyclique. Le produit est actif sur certains herpesvirus : les HSV1 et 2 et le VVZ (à plus haute dose).La première étape de phosphorylation est réalisée par une thymidine-kinase virale que possèdent ces virus, les deux autres phosphorylations sont ensuite assurées par des kinases cellulaires. Les thymidine-kinases cellulaires sont peu efficaces de sorte que l'analogue triphosphate n'est formé que dans les cellules infectées.
Valaciclovir (Zelitrex â )
Gancyclovir (Cymévan â )C'est l'ester de la L-valine et de l'aciclovir rapidement et entièrement métabolisé en Aciclovir.
Ce dérivé a une biodisponibilité par voie orale 5 fois plus élevée que l'aciclovir (50%). Il est utilisé dans le traitement du zona.
Le gancyclovir, assez proche de l'acyclovir, se révèle actif sur la plupart des herpesvirus mais il est surtout remarquablement actif contre le virus cytomégalique (CMV) : cent fois plus actif que l'acyclovir. Il est également beaucoup plus toxique (toxicité médullaire : neutropénie et thrombopénie) et n'est utilisé que dans le traitement des infections sévères chez les immunodéprimés.Famcyclovir (Oravir â )Le virus est dépourvu de thymidine-kinase mais l'infection semble favoriser la synthèse de kinases cellulaires de sorte que les concentrations en gancyclovir-triphophate sont bien supérieures à celles des cellules non infectées. Cette propriété renforce la spécificité antivirale du produit.
Le Famciclovir est assez proche du gancyclovir. Il est actif sur les virus HSV, EBV et VVZ. D'une très grande biodisponibilité par voie orale (75%), il est utilisé dans les traitements des infections à VVZ.
Acide phosphonoformique (Foscarnet â )
Un analogue du pyrophosphate, l'acide phosphonoformique (Foscarnetâ) est un inhibiteur direct d'ADN polymérase virale : il bloque le site de liaison du pyrophosphate de l'enzyme. Le produit est toxique (fixation osseuse, toxicité rénale). On l'utilise dans le traitement des infections par CMV ou virus herpétiques devenus résistants à l'acyclovir chez les patients immunodéficients.2° - LES ANTIRÉTROVIRAUX
Parmi tous les analogues de nucléosides étudiés ou en cours d'étude, quatre produits sont actuellement utilisés :
| NOM CHIMIQUE | ABRÉVIATION | DÉNOMINATION COMMUNE | SPÉCIALITÉ |
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Les effets secondaires sont variés :
La structure de cette molécule est à première vue celle d'un analogue de nucléoside avec un noyau pyrimidique ouvert. Elle ressemble en fait à la guanosine.
Le spectre théorique d'activité de la molécule est étendu :
On l'a utilisée avec succès
dans le traitement des fièvres hémorragiques (la fièvre
de Lassa en particulier) par voie intraveineuse, mais la toxicité
de la molécule limite son emploi dans des infections moins sévères.
Interférence et interférons
L'interférence
Depuis longtemps, on a observé que l'infection d'un organisme par un premier virus peut empêcher l'infection par un second virus, voisin ou non du premier : le phénomène a été désigné sous le nom d'interférence.
Interférence et interféron ont été découverts en Angleterre : ce sont de faux-amis !
En français, interférence est un terme utilisé en physique pour désigner la superposition de deux vibrations de même longueur d'onde (à l'origine des "parasites" de radio ou de télévision).
En anglais, outre cette signification, to interfere veut également dire "gêner, empêcher, contrecarrer, s'opposer à" : c'est dans ce sens qu'il faut comprendre l'interférence en virologie.
En 1943, W. et G. Henle montrent que :L'interféron
- si des virus Influenza A et B sont inoculés simultanément, ils peuvent se multiplier ensemble dans une même cellule qui produit des virus de deux types.
- si la chorio-allantoïde est d'abord inoculée avec un virus Influenza A, puis 24 heures plus tard par un virus Influenza B, la multiplication du second est partiellement ou totalement inhibée.
Des cellules infectées par un virus résistent donc à une surinfection par un autre virus vis-à-vis duquel elles sont normalement sensibles.
En 1957, Isaacs et Lindenmann partent du travail des Henle et démontrent que l’interférence a pour médiateur une substance soluble produite par les cellules infectées. Ils donnent à cette substance le nom d'interféron. :
- Ils inoculent une suspension de virus grippal tué par la chaleur sur une membrane chorio-allantoïdienne (mca) incubée dans un milieu de culture liquide pendant 24 heures à 37°C.
- Le surnageant, évidemment dépourvu de particules virales, est prélevé et mis en contact pendant 24 heures avec une membrane chorio-allantoïdienne fraîche
- Un virus Influenza vivant est ensuite ajouté au tube précédent : il ne se multiplie pas
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Les interférons
Ils constituent une famille de petites protéines (150 acides aminés environ), glycosylées ou non, synthétisées par les cellules, le plus souvent en réponse à l'agression d'un virus. L’activité antivirale de ces protéines est très large mais elles sont spécifiques de l’espèce productrice : chaque espèce animale produit ses propres interférons : ils ne sont actifs que dans l'espèce où ils ont été produits (un interféron animal ne protège pas des cellules humaines et ne peut donc pas être utilisé comme traitement chez l'homme).En revanche, les interférons ne sont pas spécifiques du virus inducteur : les interférons empêchent (plus ou moins) la multiplication d'autres virus.
On distingue trois classes d’interféron humain (IFN) : IFN-a , IFN-b et IFN-g d’après leur antigénicité. Les trois types sont antigéniquement distincts : un antisérum pour un interféron a n’inactive pas les deux autres types.
L'interféron a :
L’interféron a est une dénomination collective d’une vingtaine de protéines codées chacune par un gène distinct. Ces protéines ne sont pas glycosylées pour la plupart et présentent entre elles de très fortes homologies.L'interféron bLe type a est sécrété par les macrophages.
Un seul gène b codant un interféron glycosylé présentant environ 50 % d’homologie avec l’interféron a .L'interféron gL’interféron b est habituellement obtenu par culture de fibroblastes.
En fait de nombreuses cellules de l’organisme synthétisent ces deux types d' interférons.
L’interféron g correspond à l’interféron immun. Il est sécrété par les lymphocytes TH après stimulation antigénique (l’antigène étant présenté par les cellules présentatrices d’antigènes (les CPA) dans la niche des molécules CHM de classe II).
| TYPE D'IFN |
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| SOURCE PRINCIPALE |
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Cellules épithéliales |
Cellules NK |
| AGENT INDUCTEUR |
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Mitogènes |
| NOMBRE DE SOUS-TYPES |
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| GLYCOSYLATION |
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| FORME FONCTIONNELLE |
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| ACTIVITÉ PRINCIPALE |
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IMMUNOMODULATEUR |
| MÉCANISME D'ACTION |
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Les interférons sont en fait des cytokines qui ont deux activités biologiques : activité antivirale et régulation cellulaire.
L’activité antivirale des trois interférons est comparable mais la régulation cellulaire est surtout le fait de l’interféron g .
La production d'interféron
L’infection virale déclenche la production d’interféron a et/ou b par la cellule. Le signal activateur est l'ARN bicaténaire qui apparaît au cours du cycle de multiplication du virus, qu’il s’agisse de virus à ARN ou de virus à ADN.Certains virus sont meilleurs inducteurs d’interféron que d’autres : ils ont pour caractéristique de se multiplier lentement et de ne pas perturber les synthèses protéiques de la cellule-hôte.
La synthèse d’interféron se prolonge 24 à 48 heures puis cesse.
L’interféron est éventuellement glycosylé puis excrété dans le milieu extérieur où il diffuse dans l’environnement.
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cellule "interféronée" |
Effets de l'interféron
L’interféron se fixe à un récepteur présent à la surface des cellules : il existe un récepteur commun aux interférons a et b et un récepteur propre à l'interféron g .Mécanismes moléculaires de l'activité antiviraleLes interférons sont des cytokines puissantes : 10 à 20 molécules suffisent à protéger une cellule saine de l’infection virale.
La fixation au récepteur active une protéine-kinase membranaire qui phosphoryle 3 protéines cytoplasmiques. Ces dernières migrent alors vers le noyau et s'associent à une protéine nucléaire pour former un facteur de transcription qui se fixe sur un site spécifique de l'ADN. La fixation active la transcription d’un ensemble de gènes en aval du site. Les protéines obtenues sont les protéines antivirales (PAV).
Les interférons empêchent aussi bien la réplication des virus à ADN que celle des virus à ARN. Les PAV doivent donc perturber une étape du cycle de multiplication commune aux virus à ADN et aux virus à ARN : cette étape est la traduction des ARN messagers viraux.
La cellule saine "interféronée" est donc en état de veille. Elle ne s'oppose pas à la pénétration du virus mais les enzymes de surveillance vont être activées au moment où le cycle de multiplication fait apparaître cet (ARN)² inhabituel.Parmi les gènes activés par la fixation de l’interféron, trois d’entre eux codent les enzymes suivantes :
Ces trois enzymes sont localisées dans le cytoplasme sous une forme inactive : leur activation nécessite la présence de (ARN)².
- une 2-5 oligoadénylate synthétase
- une endonucléase : l'ARNse L
- une protéine-kinase
Le premier mécanisme fait intervenir les 2 premières enzymes :
La 2-5 oligoA synthétase polymérise quelques molécules d'ATP (3 à 5 molécules) par une liaison inhabituelle 2'® 5' (et non 5'® 3'). Ces oligonucléotides sont appelés collectivement les oligonucléotides "2-5 A".Les 2-5 A activent alors l'ARNse qui fragmente les ARN-messagers.
Le second mécanisme fait intervenir la protéine-kinase :
La protéine-kinase activée phosphoryle une sous-unité du facteur d'initiation eIF-2 (eucaryotic Initiation Factor) qui a pour mission de fixer l'ARNt initiateur, un ARNt-Met. La phosphorylation "gèle" le complexe d'initiation et le ribosome sur l'extrémité de l'ARNm à traduire. Le facteur eIF-2 n'est plus recyclable et la synthèse protéique est bloquée
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ACTION DES PROTÉINES ANTIVIRALES
L'arrêt de la transcription des
ARN messagers n'est pas sélective et les ARN-m cellulaires subissent
le même sort que les ARN viraux. Dans ces conditions, la mort de
la cellule est possible mais c'est le prix à payer pour que l'infection
virale ne progresse pas.
L'interféron et l'immunité Les interférons
Les interférons limitent l'extensîon de l'infection :
En même temps qu'un virus, on injecte un sérum anti-IFN à des animaux sensibles : ceux-ci présentent des infections beaucoup plus sévères que des animaux ne recevant que le virus seul.
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En revanche, les interférons ne semblent par jouer un rôle majeur dans l'éradication du virus qui est le fait de l'immunité spécifique à médiation cellulaire.
Synthèse industrielle des interférons
Les interférons
a, b et g sont produits par génie génétique :L'un des gènes humains codant un interféron est isolé puis inséré dans un plasmide :
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Le plasmide est introduit dans un colibacille, une levure ou une cellule de mammifère (hamster chinois). L'interféron produit est extrait du milieu de culture et purifié par fixation à des anticorps monoclonaux ou par des méthodes chimiques :
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transfert du plasmide (culture de colibacille)
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![]() |
extraction |
Utilisation des interférons en thérapeutique
Tous les interférons, qu'ils soient de type
a, b, ou g, ont des propriétés :1" - l'interféron
aa est utilisé dans le traitement des hépatites chroniques actives dues aux virus des hépatites B et C.1/ activité antivirale
L'interféron
Le but du traitement est l'éradication complète du virus afin d'éviter la constitution d'une cirrhose et par là mérne l'apparition d'un cancer.
2/ activité antiproliférative
L'interféron
a agit à la phase initiale de la mitose en allongeant le cycle cellulaire. Il est utilisé dans le traitement de certaines tumeurs, en particulier :
Interféron
a
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2° - l'interféron
bb est uniquement utilisé pour ses propriétés immunomodulatrices, qui s'opposent à celles de I'IFN g :L'interféron
L'interféron
b est utilisé dans le traitement des formes de sclérose en plaques (SEP) évoluant par poussées : la SEP est une maladie inflammatoire démyélinisante du SNC. De cause inconnue, il s'agirait d'une maladie auto-immune. L'intervention de l'interféron y est suspectée dans la genèse des lésions caractéristiques de la SEP, au cours de laquelle on observe également une activité T suppressive déficiente.
Interféron
b
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3° - l'interféron
gL'interféron g est uniquement utilisé pour ses propriétés immunomodulatrices, qui s'opposent à celles de I'IFN b
L'interféron g est utilisé dans le traitement de la granulomatose septique chronique (maladie génétique, rare, des phagocytes, qui présentent un défaut du complexe enzymatique de la NADPH-oxydase : ils n'ont pas d'activité bactéricide. Les bactéries sont phagocytées mais ne sont pas détruites. Les infections sont fréquentes et graves).
Interféron
g
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Effets secondaires des interférons
Les effets secondaires accompagnant les traitements aux interférons sont le reflet de leurs activités diverses sur le métabolisme cellulaire : syndrome pseudo-grippal quasiment constant (sensible au paracétamol), nausées, malaises, asthénie, modifications de l'humeur (dépression).