CYTOMEGALOVIRUS

L’étude histologique des glandes salivaires de nouveau-nés autopsiés met en évidence de grandes cellules avec une inclusion intranucléaire géante. La maladie, presque toujours fatale, est appelée pour celà maladie des inclusions cytomégaliques néonatale.
Ces inclusions sont retrouvées dans les parenchymes malades (cellules rénales, poumons, cerveau, foie).
En 1956, Smith isole l’agent responsable par culture de sécrétions salivaires sur des fibroblastes humains.

  1. Primo-infection

  2. Presque toujours inapparente.
    80 % des adultes ont des anticorps
    Elle peut se traduire chez l’enfant par un syndrome mononucléosique
    Le virus persiste à l’état latent dans les lymphocytes après la primo-infection.
     

  3. Résurgence

  4. Il est probable qu’il existe des résurgences se traduisant par l’apparition d’une virémie transitoire et l’excrétion du virus par la salive, les urines et même les sécrétions lactées.
     

  5. Formes sévères

  6. Maladie néonatale des inclusions cytomégaliques

    1 à 5 pour 10.000 grossesses.
    La primo-infection d’une femme enceinte est responsable de la contamination  par la virémie in utero. Elle peut être responsable de la mort de l'oeuf et d'un avortement ou d'anomalies foetales.
     

    Formes cliniques et évolution

      1. Chez le nouveau-né

      2. La forme asymptomatique est courante (le virus est pourtant excrété massivement à la naissance)
        Forme neurologique : microcéphalie, calcifications
        Forme généralisée, plus rare : hépatosplénomégalie, atteinte des poumons et des reins, hémorragies par thrombopénie.
        Dans ces deux dernières formes, la survie se fait au prix de séquelles neurologiques.

      3. Chez le nourrisson

      4. Forme pulmonaire : pneumonie interstitielle virale
        Forme hépatique : ictérique ou non

      5. Chez l’adulte : immuno-déprimé, transfusé, transplanté


     Syndrome mononucléosique avec fièvre et splénomégalie, pas d’asthénie, pas d’angine, pas d’adénopathie (diagnostic différentiel avec la MNI).


     

  7. Diagnostic de laboratoire

  8. Direct

      1. Diagnostic cytologique

      2. Recherche de l'effet cytopathogène : recherche des cellules géantes dans le sédiment urinaire, les sécrétions bronchiques, les liquides amniotiques, les liquides de lavage broncho-alvéolaires, les biopsies d'organes... après coloration (cellules dont le noyau contient une vaste inclusion en "oeil de chouette" avec margination nette de la chromatine) ou recherche des antigènes viraux par immunofluorescence directe à l'aide d'anticorps spécifiques marqués.

      3. Isolement du virus : difficile

      4. Il ne peut se tenter que sur cellules fibroblastiques humaines.
        Le CMV cultive lentement (8 à 15 jours).
        C’est une méthode sensible mais très lourde, qui dépend de la rapidité d’inoculation ; un isolement positif doit être discuté puisque l’excrétion accompagne des résurgences cliniquement inapparentes.

      5. Recherche du génome viral

      6. La recherche de l'ADN viral par hybridation in situ ou par PCR n'est pas réalisée en routine.

        Techniques immunologiques

        Sur sérum précoce et tardif à la recherche d'une séroconversion, d'une séro-élévation ou d'IgM spécifiques.

      7. RFC ou HAP

      8. Ces réactions peu sensibles sont de plus en plus abandonnées au profit des réactions suivantes.

      9. Immunofluorescence indirecte

      10. L’antigène est constitué par les cellules fibroblastiques inoculées par le CMV. On met en contact avec le sérum à étudier puis on visualise l'union Ag-Ac à l’aide d’un sérum anti-IgG ou anti-IgM humaines marqué à la fluorescéine.

      11. Réactions immuno-enzymatiques (E.L.I.S.A)


    L’antigène (extrait soluble d'une culture de CMV) est fixé sur les parois des puits d'une plaque de polystyrène. On met en contact avec le sérum à étudier puis on ajoute un sérum anti-IgG ou anti-IgM humaines marqué par un enzyme.
    L'addition du substrat de l'enzyme est alors suivie de sa dégradation qui se manifeste par une coloration dont la densité optique est proportionnelle à la quantité d'enzyme (donc de complexes Ag-Ac) présents dans le milieu.


     

  9. Prévention et traitement

En cas de transfusion, les sujets à risques (femmes enceintes, immunodéprimés, receveurs de greffes, splénectomisés, surtout s'ils sont séronégatifs) ne doivent recevoir que du sang séronégatif (CMV-) ou déleucocyté.
Pour les infections systémiques, l'antiviral le plus utilisé est le GANCICLOVIR ou DHPG (dihydroxy-propoxyméthyl-guanine), qui est un analogue nucléosidique de la guanine.

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