LES HERPESVIRUS SIMPLEX

  1. CARACTERISTIQUES GENERALES

La structure des herpesvirus simplex ou herpesvirus hominis est identique à celle des autres herpesvirus.
Le cycle de réplication est le cycle classique d'un virus à ADN :

Les herpesvirus sont des virus fragiles : ils résistent très peu de temps dans le milieu extérieur. L’infection se fait donc nécessairement par contact étroit (rapport sexuel, grossesse, accouchement). L'infectiosité des tissus infectés congelés est cependant conservée.
La primo-infection, souvent inapparente et bénigne, est suivie d’une infection latente. Elle est souvent retardée dans les pays développés
La réactivation du virus par des causes variées est responsable des résurgences.

  1. LES TYPES D'HERPESVIRUS SIMPLEX
    1. HERPESVIRUS SIMPLEX TYPE 1 (oral)
      1. Primo-infection

      2. La primo-infection a lieu très précocément, vers 1 an (après la disparition des anticorps maternels). Elle est d'autant plus précoce que les conditions socio-économiques sont défavorables.
        Dans 90 % des cas, la primo-infection est inapparente.
        Sinon, elle se manifeste par une gingivo-stomatite avec fièvre et adénopathies cervicales (qu’il faudra différencier d’une "herpangine", pharyngite vésiculeuse dûe à des coxsackies A qui guérit spontanément en 8-15 jours.

      3. Résurgence

      4. Elle se fait par réactivation sous des causes diverses (soleil, froid, règles, émotion) et se localise dans le même territoire que la primo-infection : l’herpès est récidivant.......

      5. Formes sévères


      Kérato-conjonctivite : atteinte superficielle de l’épithélium cornéen qui contre-indique formellement l’instillation de collyres corticoïdes : ils favorisent l’extension de la lésion pouvant conduire à la perforation de la cornée.
      L’encéphalite herpétique : touchant surtout à l’adulte. Elle peut être dûe à une infection secondaire. En cas de survie, les séquelles neurologiques sont lourdes.
       

    2. HESPESVIRUS SIMPLEX TYPE 2 (génital)
      1. Primo-infection

      2. En dehors du contexte néonatal, elle a lieu à partir de la puberté, à l’occasion des premiers rapports sexuels
        Dans 75 % des cas la primo-infection est inapparente
        Sinon, elle se manifeste par des bouquets de vésicules ulcérées siégeant sur le gland, le prépuce, la vulve, le vagin.

      3. Résurgence

      4. Elle se fait par réactivation sous des causes diverses (soleil, froid, règles, émotion) et se localise dans le même territoire que la primo-infection : l’herpès est récidivant....

      5. Formes sévères : l'herpès néonatal


    Cette forme est rare (1 à 5 pour 10.000 grossesses) mais grave (mortalité de 80 %).
    La mère contracte un herpès génital de primo-infection en cours de grossesse et l’enfant s’infecte à l’accouchement par contact direct avec les lésions (encore qu’une infection par virémie soit possible). Plus rarement, le foetus est contaminé par voie trans-placentaire ou amniotique.
    On observe une atteinte polyviscérale (ictère, pneumonie, méningo- encéphalite).
    HSV 1 étant incriminé dans 1/3 des cas, l’éloignement des herpétiques est souhaitable.
    L’infection étant souvent dûe à un contact direct, la césarienne s’impose.
     

  2. Pathogénie de l’infection herpétique

Les virus sont fragiles et ne se propagent donc que par contact direct.

Après l’infection (apparente ou inapparente) le virus se masque dans un ganglion nerveux sensitif (trijumeau, ganglions sacrés). A la suite d’une réaction qui semble entraîner une diminution locale de l’immunité, le virus se distribue par voie nerveuse dans les mêmes territoires (souvent la jonction cutanéo-muqueuse, comme dans le "bouton de fièvre" classique).

L’évolution des moeurs sexuelles a plus ou moins modifié les secteurs privilégiés de ces deux virus : le type 1 se retrouve dans la région génitale et le type 2 dans la région orale.
 

  1. Diagnostic de laboratoire

  2. Direct

      1. Examen direct
      1. Isolement du virus

Sérologie

L'examen d'un sérum précoce et d'un sérum tardif (prélevé 2 à 3 semaines plus tard) est très utile : on observe une séroconversion, une élévation du taux des anticorps (écart d’au moins 4 dilutions) et la présence d'IgM spécifiques du virus responsable s’il s’agit d’une infection primaire. De nombreuses techniques sont utilisables. Les plus couramment utilisées sont la réaction de fixation du complément (RFC) et surtout les réactions d'immunofluorescence indirecte (IFI) et immuno-enzymatiques (ELISA).
 

  1. Traitement
      1. 5 iodo désoxyuridine (IduviranR)

      2. Il s'agit d'un analogue nucléosidique de la thymidine.
        Il peut être utilisé localement, en particulier sous forme de collyre dans les herpesviroses oculaires.
        Remarque : rappelons le danger des collyres aux corticoïdes : perforations de la cornée, les accidents enregistrés ont conduit les collyres corticoïdes au tableau A

      3. adénine-arabinoside (VidarabineR)

      4. Il s'agit d'un inhibiteur compétitif de l'ADN polymérase des herpesvirus qui provoque une distorsion de la double chaîne d'ADN et dont la faible toxicité autorise l'administration par voie intraveineuse au cours des encéphalites. On peut également l'utiliser sous forme de collyre dans les kératoconjonctivites.

      5. acycloguanosine (Aciclovir ou ZoviraxR)

      6. Il s'agit d'un analogue nucléosidiques de la guanine qui est un inhibiteur de l'ADN polymérase mais n'agit que dans les cellules dans lesquelles les herpesvirus sont en cours de réplication : elle n'est en effet active que sous forme phosphorylée et , au cours de la phase de réplication, la thymidine kinase capable de phosphoryler cette molécule est produite en forte quantité par le virus. L'affinité pour la thymidine kinase virale étant beaucoup plus élevée que pour la thymidine kinase cellulaire, cette molécule peut donc être administrée à des doses thérapeutiques non toxiques.
        Les mutants HSV déficients en thymidine kinase (TK-) résistent à l'action de cette molécule.

      7. phosphonoformate (FoscarnetR)

Les mutants TK- sont responsables de manifestations graves chez les patients immunodéprimés. On a alors recours à d'autres molécules, telles le FoscarnetR, molécule très toxique qui agit en déplaçant l'équilibre de la réaction de polymérisation de l'ADN.
 

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