Papillomavirus

Les virus

Les infections à papillomavirus sont fréquentes et contagieuses. Ils sont responsables de lésions cliniques différentes spécifiques du type de virus en cause et une douzaine de génotypes de papillomavirus infectent la sphère génitale : les types 6 et 11 occasionnent des condylomes ou papillomes acuminés et les types 16, 18 et 33 des condylomes plans.

Les papillomavirus sont des virus potentiellement oncogènes : les types 16 et 18 surtout sont associés au développement des cancers du col utérin.

L'infection

Deux types de condylomes ou papillomes peuvent être observés : les condylomes plans sont des papules surélevées blanchâtres tandis que les condylomes acuminés sont des tumeurs molles avec des digitations ou "crêtes de coq" qui peuvent devenir florides chez des patients immunodéprimés (infection par le VIH).

Chez la femme, les condylomes acuminés, parfois très discrets, siègent au niveau de l'anus, du vagin, du col utérin et de la vulve. Les condylomes plans siègent au niveau du col utérin, qui est congestif, et sont le plus souvent inapparents : ils sont mis en évidence par les tests au lugol ou à l'acide acétique.

Chez l'homme, les lésions sont souvent très discrètes et siègent au niveau du gland et du méat : les condylomes doivent être détectés et traités pour éviter la réinfection du partenaire.

Diagnostic

L'infection peut être asymptomatique et découverte à l'occasion d'un frottis systématique chez la femme: l'analyse histologique révèle la présence de koïlocytes (kératinocytes infectés par le papillomavirus) et peut mettre en évidence des altérations cytologiques telles qu'une dysplasie ou un carcinome in situ.

Une colposcopie est alors nécessaire pour rechercher un éventuel cancer débutant : elle permet d'identifier les lésions et d'en préciser l'importance et de pratiquer, si les lésions sont atypiques, des prélèvements biopsiques

Le typage des papillomavirus n'est pas de pratique courante actuellement mais leur détection est possible grâce aux techniques d'hybridation moléculaire à l'aide de sondes génomiques radio-actives ou marquées par un enzyme (sondes "froides").

Traitement - Prophylaxie

Il repose sur l'application locale de podophylotoxines pour les lésions externes. L'utilisation du laser au CO2 peut être nécessaire pour les lésions cervico-vaginales ou extemes plus importantes. La cryothérapie est indiquée dans les formes cutanées de petite taille. La surveillance génitale doit être accrue en cas d'infection à papillomavirus pour prévenir un cancer du col utérin, en particulier chez les patientes infectées par le VIH où le cancer du col est un critère de définition du Sida avéré.

Depuis 2006, on dispose d'un vaccin tétravalent (nom commercial : Gardasil), qui protège contre les quatre souches de HPV 6, 11, 16 et 18, sans que l'on connaisse actuellement la durée de protection conférée par la vaccination (la vaccination ne dispense donc pas des dépistages systématiques par frottis cervical et la politique de dépistage ne doit donc pas être modifiée).

L´injection à 0, 2 et 6 mois (en I.M) permet d´obtenir des taux d´anticorps neutralisants satisfaisants. Les jeunes filles pré-pubères n'ayant pas été exposées au virus constituent actuellement la cible privilégiée de la vaccination. Les jeunes femmes, plus proches du pic d'exposition,  devraient pouvoir bénéficier d'une vaccination de rattrapage.
Le vaccin est contre-indiqué pendant la grossesse.

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