Les poxvirus sont très répandus dans le monde animal (pox est le pluriel de pock qui en anglais signifie pustule). Parmi ceux qui sont pathogènes pour l'homme se trouvent les virus de la variole et de la vaccine ainsi que des virus animaux qui infectent l'homme accidentellement tels les virus du cow-pox, du nodule des trayeurs, de la dermatite pustuleuse du mouton. Le virus du molluscum contagiosum n'est pathogène que chez l'homme.
Ce sont de grands virus de forme quadrilatère aux angles arrondis
de 300/200/100 nm. Ils contiennent un core central en forme d'haltère
ou nucléoïde qui contient le génome et qui est flanqué
de deux corps latéraux. Les enveloppes externes sont différentes
des enveloppes virales habituelles : ce sont des structures d'origine virale
qui ne dérivent pas de la membrane cellulaire et bien que muni de
cette enveloppe, les poxvirus sont très résistants.
Le génome est un ADN bicaténaire auquel est associé
une ARN polymérase virale.
Ils font partie du genre orthopoxvirus (avec entre autres le monkeypoxx et le cowpox).
Multiplication
Les orthopoxvirus se multiplient sur la membrane chorio-allantoïdienne
de l'œuf embryonné en formant de petites vésicules et sur
cultures cellulaires en formant des inclusions intracytoplasmiques qu'on
appelle corps de Guarnieri. Ils donnent également lieu au phénomène
d'hémadsorption car une hémagglutinine est présente
dans les cellules infectées.
Dans les cellules, tout se passe dans le cytoplasme. Les poxvirus sont
les seuls virus à ADN qui se multiplient dans le cytoplasme.
Pouvoir pathogène
La variole est une maladie strictement humaine transmise par contacts
interhumains mais aussi, à cause de la très grande résistance
du virus, indirectement par les vêtements ou objets contaminés
ou encore par voie aérienne. Elle donne lieu à un tableau
infectieux sévère avec à une éruption généralisée
vésiculo-pustuleuse évoluant en une seule poussée.
La forme habituelle est grave (25% de mortalité) mais il existe
une forme bénigne, "l'alastrim", dangereuse néanmoins par
le fait qu'elle risque de propager le virus.
La maladie est immunisante et elle est maintenant considérée
comme éradiquée de la surface du globe grâce à
la vaccination.
Vaccination
L'histoire de la vaccination antivariolique est exemplaire : JENNER,
médecin anglais, a pu démontrer l'existence d'une immunité
croisée entre le virus du cowpox et celui de la variole et a donc
inoculé le liquide de vésicule de cowpox pour protéger
contre la redoutable variole. Ce vaccin s'est montré très
efficace et a permis l'éradication de la maladie dans le monde entier.
Le virus de la vaccine est utilisé comme virus vecteur de vaccins
recombinants : on insère dans le virus vaccinal le gène codant
des protéines vaccinantes d'autres virus : hépatite B, rage,
rougeole… et on inocule ce néo-virus recombinant qui suscite l'apparition
d'anticorps protecteurs.
AUTRES POXVIRUS HUMAIN
Cowpox, nodule des trayeurs ou paravaccine, dermatite pustuleuse contagieuse
ou ORF, monkeypox occasionnent des éruptions vésiculeuses
ressemblant plus ou moins à la variole mais qui sont bénignes.
Le molluscum contagiosum n'atteint que l'homme et donne lieu
à de petites tumeurs localisées à la région
ano-génitale, à la face et au cou. On ne peut cultiver le
virus sur cellules.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
La meilleure technique est la mise en évidence directe des poxvirus
dans le liquide des vésicules ou dans les croûtes par microscopie
électronique ou de ses antigènes par immunofluorescence ou
électrosynérèse.
Pour les orthopoxvirus, l'isolement est possible sur cultures cellulaires
- cellules de rein de singe ou fibroblastes humains - ou sur la membrane
chorio-allantoïdienne d'œuf embryonné.
Le sérodiagnostic a peu d'intérêt.