LES NEISSERIACEAE
(diaporama)
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La taxonomie des Neisseriaceae est complexe et changeante. Nous nous contenterons d'une énumération des principaux genres en étudiant ceux qui ont une importance médicale.
Neisseria gonorrhoeae et Neisseria meningitidis,
LES NEISSERIA
Les Neisseria ont une morphologie caractéristique. Ce sont des diplocoques à Gram négatif, accolés par une face aplatie donnant aux éléments bactériens l'aspect de "grains de café".
Ils sont immobiles, non sporulés, oxydase + et catalase +.
Ils sont des aérobies stricts.
NEISSERIA GONORRHOEAE
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Communément appelé gonocoque, Neisseria gonorrhoeae est l'agent de la blennorragie qui est une affection vénérienne.
CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
Morphologie
Les gonocoques sont des diplocoques à Gram négatif dont chaque élément mesure de 0,6 à 0,8 micromètres. La disposition en grain de café est caractéristique. Dans les produits pathologiques et en particulier dans le pus uréthral, on les trouve souvent en situation intracellulaire dans le cytoplasme des polynucléaires.
Culture
La culture est délicate : les gonocoques ne cultivent pas sur les milieux ordinaires mais exigent des milieux enrichis de substances organiques (sang, sérum, ascite) sur lesquels ils forment, en 18 à 24 heures, des colonies grisâtres à bords réguliers. Une atmosphère aérobie stricte et enrichie de 8 à 10 % de CO2 est nécessaire. Le pH optimal est 7,5, la température optimale est 35-36°C. Les gonocoques sont très sensibles au froid et ne se multiplient pas en dessous de 30°C.
Il existe un milieu spécial, rendu sélectif par l'adjonction d'antibiotiques, sur lequel ne se développent que les Neisseria pathogènes (gonocoque et méningocoque).
Caractères biochimiques
Neisseria gonorrhoeae possède une oxydase et une catalase comme toutes les Neisseria.
Il acidifie les milieux contenant du glucose mais est sans action sur les milieux contenant les autres sucres étudiés (maltose, saccharose et fructose).
Il ne possède pas de bétagalactosidase ni gammaglutamyltransférase et ne réduit pas les nitrates en nitrites.
Antigènes
Les gonocoques possèdent dans leur paroi, des lipopolysaccharides antigéniques et toxiques (endotoxine).
Les protéines de la membrane externe (P I, P II et P III) sont antigéniques. La protéine P I permet de distinguer de nombreux sérovars.
Facteurs de virulence
Le gonocoque ne produit pas d'exotoxine mais excrète une une protéase qui dégrade les IgA.
Les formes virulentes possèdent de pilis d'adhésion qui, avec la protéine P II, assurent la fixation des bactéries sur la muqueuse uro-génitale. La présence de ces pilis augmente la résistance des bactéries à la phagocytose.
Le LPS produit des effets toxiques sur les cellules de la muqueuse.
PATHOLOGIE
Chez l'homme : uréthrite aiguë
Chez la femme : foyers multiples, discrétion des signes
Dans les deux sexes : formes anorectales et extragénitales
Cas particuliers :
ÉPIDÉMIOLOGIE ET IMMUNITÉ
La bactérie est très fragile et ne résiste que très peu dans le milieu extérieur et n'est pathogène que pour l'espèce humaine. Sa transmission est donc strictement interhumaine et presque toujours vénérienne. La transmission par le linge est probablement à l'origine de cas de vulvo-vaginite des petites filles. Une transmission manuportée peut être la cause d'une ophtalmie.
La maladie atteint surtout les sujets jeunes. Les infections presque latentes (chez la femme notamment) et les formes frustres (dans les deux sexes) augmentent le risque de dissémination.
Après une recrudescence due à la "libération" sexuelle, le nombre de cas diminue depuis 1987, la crainte du SIDA n'y étant sans doute pas étrangère. La prostitution ne constitue pas une cause importante de contagion, ce qui s'explique vraisemblablement par le professionnalisme ou la prudence des adeptes.
La reconnaissance d'une infection gonococcique impose une enquête épidémiologique à la recherche des partenaires contaminants ou contaminés pour les traiter efficacement et éviter le risque de dissémination.
L'infection suscite l'apparition d'anticorps (IgA sécrétoires et sériques et IgG) mais cliniquement l'immunité a peu d'effets protecteurs et les réinfections sont possibles.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Le diagnostic biologique de la gonococcie repose sur l'examen bactériologique qui doit être complet et comporter :
Les prélèvements
Ils constituent un temps essentiel et doivent être pratiqués au laboratoire ou très près de celui-ci .
L'examen direct
Chez l'homme, l'examen direct du pus uréthral et la culture sur milieu enrichi permettent un diagnostic généralement facile,
Chez la femme, l'examen direct est souvent décevant, la culture est indispensable.
La culture
Les milieux enrichis doivent très rapidement être ensemencés et incubés à l'étuve dans une atmosphère enrichie en CO2. Si un délai est inévitable, il faut utiliser un "milieu de transport".
L'identification
Elle repose sur la morphologie, les caractères enzymatiques et biochimiques : diplocoques à Gram négatif "en grains de café", catalase +, oxydase +, glucose +, maltose - , saccharose - , fructose - .
L'isolement sur mileu sélectif facilite l'identification.
On peut également révéler les antigènes gonococciques par co-agglutination ou technique immunoenzymatique.
Le diagnostic sérologique
par fixation du complément (gonoréaction) est abandonné mais il convient d'effectuer un prélèvement sanguin pour sérologie syphilitique et HIV, voire hépatites B et C, car le malade a pu contracter plusieurs maladies en même temps.
SENSIBILITÉ AUX ANTIBIOTIQUES
Le gonocoque est généralement sensible aux antibiotiques mais apparaissent des souches productrices de bétalactamase et des souches résistantes aux cyclines.
Les antibiotiques les plus utilisés sont Pénicilline, Amoxicilline, Thiamphénicol, Erythromycine, Minocycline, Spiramycine, Spectinomycine, Cotrimoxazole et, surtout :
CEPHALOSPORINES DE 3e GENERATION et FLUOROQUINOLONES.
Le traitement peut être administré sous forme de "traitement minute" ou sous forme d'un traitement long classique.
PROPHYLAXIE
NEISSERIA MENINGITIDIS
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Isolé du LCR par Weichselbaum en 1897, Neisseria meningitidis est l'agent responsable de la méningite cérébrospinale ; on l'appelle aussi méningocoque.
CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
Morphologie
Les méningocoques sont des diplocoques à Gram négatif de 0,6 à 0,8 micromètre disposés en "grain de café" apparaissant parfois capsulés et en situation intraleucocytaire dans le liquide céphalo-rachidien purulent.
Culture
La culture est plus facile que celle du gonocoque. Les méningocoques se développent sur une gélose ordinaire mais il est préférable, en primo-culture au sortir de l'organisme, d'utiliser des milieux riches (la gélose au sang ou la gélose au sang cuit conviennent très bien) que l'on peut rendre sélectifs par adjonction d'antibiotiques.
Ce sont des aérobies stricts qui se développent dans une atmosphère normale mais l'habitude prévaut des les mettre en culture sous atmosphère enrichie en CO2 .
Vitalité, résistance
Le méningocoque est une bactérie fragile, craignant le froid, les variations de pH, la dessication. Il ne survit que très peu de temps dans le milieu extérieur.
Caractères biochimiques et enzymatiques
Le méningocoque possède les caractères généraux des Neisseria (oxydase + et catalase +). Il utilise le glucose en acidifiant le milieu ainsi que le maltose (contrairement au gonocoque) mais pas le saccharose ni le lactose (ce dernier caractère le différencie de Neisseria lactamica, commensal souvent confondu avec Neisseria méningitidis)
Caractères antigéniques
Les polyosides capsulaires déterminent 12 sérogroupes : A, B, C, X, Y, Z, 29E, W135, H, I, K et L. Quatre vingt dix pour cent des infections sont dues aux trois premiers groupes A, B et C. En Europe et en France, en particulier, le groupe B est le plus fréquemment rencontré.
A l'intérieur des groupes, il existe des sérotypes et des sous-types déterminés par des protéines de membrane externe (PME).
Facteurs de virulence
Le méningocoque ne produit pas d'exotoxines mais possède une endotoxine à structure lipopolysaccharidique. Les souches pathogènes possèdent des pili facilitant leur adhésion et produisnt des IgA protéases.
PATHOLOGIE
La méningite cérébrospinale donne lieu à un syndrome méningé typique avec hyperthermie et souvent purpura. Il existe des formes graves, encéphalitiques, des formes avec septicémie et des états septicémiques apparemment isolés.
Chez le nourrisson, la symptomatologie est parfois trompeuse et le risque de complications et de séquelles est important.
Une forme suraiguë, gravissime, appelée "purpura fulminans" de Henoch ou syndrome de Waterhouse-Frederichson, est caractérisée par une infection méningée et septicémique accompagnée de purpura hémorragique et de collapsus.
La ponction lombaire ramène un liquide trouble ou purulent, riche en polynucléaires avec une protéinorachie élevée. Au tout début de l'infection, le liquide peut être encore clair.
Le pronostic est généralement bon car les traitements antibiotiques sont efficaces.
D'autres localisations sont possibles telles qu'arthrite ou atteinte pleuropulmonaire.
ÉPIDÉMIOLOGIE
Le méningocoque résiste très peu dans le milieu extérieur. C'est une bactérie strictement humaine dont la transmission est interhumaine directe par voie aérienne.
En Europe et en France, le méningocoque est responsable de 20% des méningites bactériennes et représente l'étiologie principale des méningites de l'enfant et du nourrisson.. Le groupe B est le plus souvent en cause, suivi des groupes A et de C. La méningite cérébrospinale s'observe surtout de façon sporadique ou sous formes de petites épidémies survenant dans certaines collectivités (écoles, internats, unités militaires). Elle est plus fréquente en hiver et au printemps. En Afrique la maladie a une évolution nettement épidémique et c'est le groupe A qui prédomine.
IMMUNITÉ
Le portage pharyngé sans maladie est très fréquent, les porteurs sains seraient immunisés. C'est dans les tranches d'âge où les taux d'anticorps circulants sont les plus faibles que la maladie est la plus fréquente (6 à 24 mois). L'immunisation naturelle se produirait par la colonisation du rhino-pharynx par des méningocoques ou par des commensales proches telle que Neisseria lactamica.
PATHOGENIE
Les méningocoques pénètrent par voie aérienne et se fixent sur la paroi du pharynx où ils adhérent grâce à leurs pili. Cette fixation est facilitée par l'IgA protéase. Ils pénètrent ensuite dans les cellules épithéliales et de là disséminent dans l'organisme par voie sanguine. Les infections virales jouraient un rôle aggravant.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Il est fondé sur la présence de la bactérie dans le LCR et dans le sang.
L'examen direct
Dans le LCR purulent on peut voir, en situation intra ou extracellulaire, des diplocoques à Gram négatif ; ils sont parfois très rares et l'examen direct peut être négatif.
La culture
Elle est indispensable (même si le liquide est clair). On ensemence abondamment sur milieux riches (gélose au sang) et on incube à 37°C. Les colonies apparaissent en 24 heures.
, pharyngés, broncho-pulmonaires, articulaires ou autres, nécessite des milieux sélectifs. L'identification doit être complète car la présence dans la gorge de Neisseria commensales est fréquente.La culture du méningocoque à partir d'autres prélèvements
L'identification
Elle est fondée sur les caractères biologiques (oxydase +, catalase +, glucose +, maltose +, sacccharose -, lactose - , nitrates - ) et sur les caractères antigéniques : agglutination sur lame d'une suspension de la souche par des antisérums anti méningocoques. On dispose de sérums anti A, B, C, Y, W135 et polyvalent. Certaines souches sont toutefois ingroupables ou polyagglutinables.
La recherche d'antigènes solubles
On peut mettre en évidence dans le LCR, le sérum ou les urines l'antigène du méningocoque à l'aide de réactifs au latex sensibilisés par un antisérum ou par contre-immuno-électrophorèse.
SENSIBILITÉ AUX ANTIBIOTIQUES
Le méningocoque est sensible aux antibiotiques mais de rares souches produisent une pénicillinase. Depuis peu, on commence à isoler des souches de sensibilité diminuée aux bêtalactamines. Les C3G (cefotaxime, ceftriaxone) sont recommandées pour le traitement des méningites cérébro-spinales.
PROPHYLAXIE
Les mesures prophylactiques autour d'un cas concernent l'entourage et doivent être très rapidemennt instituées. Elle concerne l'entourage (sujets "contacts") selon des modalités très précises (voir tableau). Elles comportent :
La désinfection des locaux est inutile de même que la recherche du germe parmi les sujets contacts.
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PERSONNES CONCERNEES PAR LES MESURES DE PROPHYLAXIE |
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Circulaire DGS du 15 juillet 2002 |
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CAS |
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Traitement prophylactique à la sortie de l'hôpital |
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SUJETS CONTACTS |
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UNIVERSITE |
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aucune prophylaxie |
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milieu HOSPITALIER |
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VIE EN INSTITUTION |
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si bouche à bouche ou intubation sans masque |
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même chambre |
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Ecole |
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Halte Garderie |
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élémentaire |
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élémentaire |
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Amis intimes |
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tous les enfants |
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enfants dans les |
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toute la classe |
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voisins de classe |
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Même chambre |
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et tout le personnel |
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mêmes activités |
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et le personnel |
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LES AUTRES NEISSERIA
Outre le méningocoque et le gonocoque, il existe de nombreuses autres espèces dans le genre Neisseria ; la plupart font partie de la flore commensale et ne présentent qu'occasionnellement un pouvoir pathogène : Neisseria sicca, flava, flavescens, mucosa, lactamica (cette dernière est parfois confondue avec N. meningitidis.
Certaines d'entre elles forment des colonies pigmentées.
LES AUTRES NEISSERIACEAE
LES MORAXELLA
L'espèce type est Moraxella lacunata, réputée responsable de conjonctivites purulentes.
C'est un diplobacille à Gram négatif, aérobie strict.
Moraxella catarrhalis est un commensal des voies aériennes parfois responsable d'infections respiratoires aiguës et d'otites chez l'enfant. Il possède presque constamment une bétalactamase.