LEPTOSPIRA

Les leptospires sont des bactéries hélicoïdales flexibles et fines de 6 à 15 µm de long sur 0,1 de large. Formés de 18 à 30 tours de spires , ils présentent des inflexions leur donnant l’allure de lettres de l’alphabet. Leurs extrémités sont souvent en forme de crochet. Elles sont responsables de zoonoses répandues dans le monde entier.

Classification

Le genre Leptospira contint deux espèces :

Bactériologie

Ils ne sont pas perceptibles au microscope ordinaire à l’état frais et sont difficilement colorables. L’utilisation d’un équipement en fond noir ou en contraste de phase est nécessaire. L’imprégnation argentique les rend visibles mais altère leur morphologie. Ils sont doués d’une très grande mobilité, dite "en tire-bouchon".

Membrane externe riche lipoprotéines et couche de peptidoglycane (composé d’acide diaminopimélique) leur donnent une structure similaire à celle des bactéries à Gram négatif. L’appareil locomoteur est constitué de 2 endoflagelles qui courent le long du corps bactérien et sont insérés, aux extrémités, sur un corpuscule basal intracytoplasmique. Le cylindre protoplasmique contient cytoplasme et matériel nucléaire.

Leur culture est lente et délicate. Elle se fait à 30°C, à l’obscurité et dans des milieux liquides de composition complexe enrichis au sérum de lapin. Dans ces conditions, les leptospires se multiplient en 3 à 10 jours sans troubler le milieu. L’identification complète se fait dans des laboratoires spécialisés.

Habitat, Epidémiologie

La bactérie survit dans le milieu extérieur et en particulier dans l’eau douce stagnante boueuse ou vaseuse. Ces conditions sont réalisées dans les marais, étangs, rizières, égouts et mines.

Les animaux et en particulier les rongeurs sauvages constituent le réservoir de virus et, porteurs asymptomatiques, propagent le germe par leurs excreta. Les animaux domestiques peuvent aussi être atteints.

L’homme se contamine par contact avec les animaux mais surtout indirectement par l’eau (baignades, pêche, inondations). C'est souvent une maladie des loisirs au bord de l'eau douce et, en France, il existe un pic saisonnier très marqué en juillet et en août.

Les leptospiroses sont reconnues maladie professionnelle pour les égoutiers et les mineurs ainsi que pour les bouchers, employés d’abattoir et éleveurs.

La maladie

Les leptospiroses donnent lieu à des manifestations cliniques variables tantôt asymptomatiques, tantôt gravissimes avec manifestations hépato-rénales. 

Les formes ictériques sévères (maladie de Weil) sont le plus souvent dues au sérovar icterohemorragiae. : après une incubation d’1 à 3 semaines, la maladie débute brutalement par de la fièvre avec myalgies, céphalées et tableau de septicémie. Vers le 5e jour, l’ictère apparaît tandis que la fièvre diminue. La phase dite "immunologique" s’accompagne d’ictère, d’insuffisance rénale, de signes méningés et d’hémorragies diffuses. Ces symptômes peuvent être dissociés. La maladie peut durer 1 mois ou plus et la mortalité est élevée (5 à 30%) .

Diagnostic biologique

L’observation microscopique des leptospires dans le sang et le LCR au début de la maladie ou plus tard dans les urines est possible mais difficile.

La culture est plus sensible mais nécessite des milieux spéciaux.

L’inoculation intra-péritonéale au cobaye ou à la souris entraîne la mort de l’animal en une dizaine de jours avec envahissement des viscères par les germes.

Le séro-diagnostic est la meilleure méthode de diagnostic des leptospiroses car les anticorps sont décelables dès le 8e jour. On peut pratiquer des réactions de dépistage telles que réaction d’agglutination macroscopique de l’antigène TR (thermo résistant), réaction d’hémagglutination sur microplaques ou réaction de fixation du complément. Tout résultat positif doit être confirmé par un test d’agglutination-lyse ou micro-agglutination-test (M.A.T) de Martin et Pettit, qui n’est réalisé que dans des laboratoires spécialisés.

Sensibilité aux antibiotiques

La pénicilline G est l’antibiotique de choix. Sont également actifs les tétracyclines, le chloramphénicol et la streptomycine.

Un vaccin préparé à partir de souches tuées des sérovars les plus fréquents peut être conseillé aux sujets à risque.

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